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2026

Risque d’inondation et changement climatique à horizon 2050

Data ressources en eau

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Territoire

Les bassins versants de l’Orb, du Libron et de l’Hérault sont déjà fortement exposés aux risques d’inondation par débordement de cours d’eau, ruissellement et submersion marine. Dans un contexte de changement climatique, l’intensité des précipitations extrêmes, la sécheresse des sols, l’évolution des crues ou encore l’élévation du niveau marin pourraient modifier la nature et l’ampleur de ces risques.


L’EPTB Fleuve Hérault et l’EPTB Orb Libron ont ainsi engagé une étude prospective des risques d’inondation face au changement climatique sur l'ensemble du périmètre de la SLGRI Orb Libron Hérault, soit 256 communes et 17 EPCI.


L’objectif vise à construire des scénarios plausibles à horizon 2050 pour aider les élus et techniciens à comprendre ce qui pourrait évoluer. Et plus précisément de comprendre quelles en seraient les conséquences et quelles actions d’adaptation peuvent être anticipées dès aujourd’hui.


Comment le changement climatique peut-il faire évoluer le risque d’inondation ?


Le changement climatique ne modifie pas uniquement les températures. Il transforme également le cycle de l’eau et peut modifier la fréquence, l’intensité et la saisonnalité des précipitations.


Cet enjeu est particulièrement important en contexte méditerranéen. Selon Météo-France, les événements méditerranéens dépassant 200 mm de précipitations en 24 heures sont aujourd’hui deux fois plus nombreux que dans les années 1960. Les observations montrent ainsi une intensification des fortes précipitations et une augmentation de la fréquence des épisodes les plus intenses. (Source : Météo-France – Quel est l’impact du changement climatique sur les épisodes méditerranéens ?)


Sur les bassins de l’Orb, du Libron et de l’Hérault, plusieurs phénomènes doivent donc être considérés conjointement : pluies extrêmes, ruissellement, débordement des cours d’eau, sécheresse des sols, incendies, évolution de l’occupation des sols ou encore élévation du niveau marin sur la façade littorale.


L'enjeu consiste à comprendre comment ces facteurs peuvent se combiner et faire évoluer le risque d’inondation à horizon 2050.


Quels sont les objectifs de l’étude prospective des inondations ?


L’étude doit permettre de mieux préparer les territoires de l’Orb, du Libron et de l’Hérault aux conséquences possibles du changement climatique sur les inondations.


Elle vise notamment à identifier la vulnérabilité du territoire, à mettre en évidence les principaux leviers permettant de la réduire à court, moyen et long terme et à accompagner les élus et techniciens dans l’appropriation de ces évolutions.


La démarche repose sur une particularité importante : plutôt que de chercher à prédire un événement précis, elle utilise la scénarisation prospective pour explorer des situations réalistes à horizon 2050 et tester leurs conséquences sur le territoire.


La scénarisation prospective ne cherche pas à prévoir précisément quel événement climatique se produira en 2050, à quelle date ou avec quelle intensité. Elle consiste à construire plusieurs situations futures plausibles et cohérentes avec les connaissances scientifiques disponibles, puis à analyser leurs conséquences possibles sur le territoire.


Contrairement à une approche centrée sur un événement précis par exemple modéliser les conséquences d’une crue donnée, la prospective combine plusieurs évolutions susceptibles de se produire simultanément : pluies plus intenses, sécheresse des sols, évolution des débits de crue, ruissellement, élévation du niveau marin ou encore modification de la vulnérabilité du territoire.


Phase 1 : Analyser les risques d’inondation et les données existantes


La première phase consiste à consolider les connaissances disponibles sur le changement climatique, l’hydrologie et les risques d’inondation.


Les diagnostics des PAPI, les études Hérault 2050 et Orb 2050, les modélisations hydrauliques existantes, les données climatiques et hydrologiques ainsi que les travaux scientifiques en contexte méditerranéen sont recensés et analysés.


L’objectif est d’en réaliser une lecture critique afin d’identifier les informations suffisamment robustes pour caractériser les vulnérabilités du territoire et alimenter les scénarios prospectifs.


Phase 2 : Construire des scénarios d’inondation à horizon 2050


À partir de ce socle, plusieurs scénarios prospectifs d’inondation à horizon 2050 sont construits avec les élus et techniciens.


Ils s’appuient sur des ordres de grandeur concernant notamment l’évolution des pluies intenses, des débits de crue, du niveau marin, de la cinétique des crues ou de l'emprise potentielle des zones inondables.


La démarche prend également en compte les effets en cascade. Une succession de sécheresses peut par exemple fragiliser les sols et la végétation, tandis qu'un incendie peut augmenter la sensibilité d'un bassin au ruissellement lors des pluies suivantes.


Quatre ateliers territoriaux permettent de construire des scénarios adaptés aux différentes réalités locales : secteurs urbains, ruraux, agricoles, littoraux, plaines alluviales ou amont des bassins.


Phase 3 : Identifier les leviers d’adaptation aux inondations


Les scénarios servent ensuite à identifier les actions d’adaptation au risque d’inondation pouvant être engagées dès aujourd’hui ou progressivement.


À court terme, cela peut concerner la réduction de la vulnérabilité, l’alerte ou la gestion de crise. À plus long terme, les réflexions peuvent porter sur l’aménagement du territoire, les zones d’expansion de crue, le fonctionnement naturel des cours d’eau ou l’adaptation des ouvrages de protection.


L’objectif est de faire émerger des mesures robustes face à plusieurs futurs possibles et susceptibles d'alimenter les prochaines stratégies locales, notamment les PAPI, SAGE et la SLGRI.


Phase 4 : Sensibiliser les élus et acteurs du territoire


La dernière étape consiste à transformer les résultats scientifiques et prospectifs en informations directement appropriables par les acteurs locaux.


Les scénarios co-construits, leurs conséquences et les leviers d’adaptation associés sont restitués sous différentes formes : rapport complet, brochure synthétique, supports pédagogiques et réunions territoriales.


Cette étape permet de partager une vision commune des risques d’inondation futurs et de faciliter leur intégration dans les politiques publiques et les décisions d’aménagement.


Pourquoi anticiper les inondations à horizon 2050 ?


Anticiper le changement climatique permet de ne plus raisonner uniquement à partir des événements observés par le passé.


Un territoire peut être confronté simultanément à des pluies plus intenses, des sols desséchés favorisant certains ruissellements, des crues plus rapides ou encore une élévation du niveau marin limitant l'évacuation des eaux sur le littoral. Le CCTP identifie précisément ces interactions comme des éléments à explorer dans les scénarios prospectifs.


Météo-France souligne également que le changement climatique tend à intensifier les précipitations extrêmes et que les épisodes méditerranéens sont concernés par cette évolution.


La prospective permet donc aux collectivités de ne pas attendre qu'un événement survienne pour s'adapter. Elle aide à identifier les vulnérabilités, tester la robustesse des dispositifs existants et prioriser les actions de prévention et d’adaptation au changement climatique.


Quels résultats pour les bassins de l’Orb, du Libron et de l’Hérault ?


L’étude doit aboutir à une vision partagée et opérationnelle de l’évolution du risque d’inondation à horizon 2050 sur les trois bassins versants.


Les EPTB disposeront d’un socle consolidé de connaissances, de scénarios prospectifs construits avec les acteurs locaux et d’une identification des principaux leviers d’adaptation. Un rapport complet et une brochure destinée aux élus permettront également de diffuser largement les enseignements de l’étude.


L’enjeu final est de passer de la connaissance du changement climatique à l’action : anticiper les risques futurs pour renforcer dès aujourd’hui la résilience des territoires face aux inondations.

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