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21 septembre 2026

Nouveaux scénarios CMIP7 : quels futurs climatiques à horizon 2100 ?

Les nouvelles trajectoires de ScenarioMIP redessinent l’éventail des futurs climatiques à explorer pour le XXIᵉ siècle, du scénario Very Low au scénario High.

Nouveaux scénarios CMIP7 : quels futurs climatiques à horizon 2100 ?

Les nouveaux scénarios CMIP7 viennent d’être quantifiés. La publication des nouvelles trajectoires ScenarioMIP change sensiblement notre représentation des futurs climatiques à explorer. Le haut de la fourchette est fortement revu à la baisse par rapport à SSP5-8.5, tandis que les trajectoires permettant de limiter durablement le réchauffement à +1,5 °C deviennent elles aussi plus difficiles à atteindre.


Il serait donc trompeur d’en conclure que «CMIP7 prévoit moins de réchauffement que CMIP6». CMIP7 met surtout à jour l’éventail des trajectoires d’émissions considérées comme pertinentes pour explorer le XXIe siècle.


Et les températures présentées aujourd’hui ne sont pas encore celles des nouveaux modèles climatiques CMIP7. Elles sont obtenues à partir des nouvelles trajectoires d’émissions avec le modèle climatique simplifié FaIR v2.2.


La prochaine étape sera déterminante : observer comment les modèles CMIP7 traduiront ces trajectoires en évolution des températures, des précipitations, des vents et des extrêmes climatiques, puis régionaliser ces évolutions pour caractériser les aléas à l’échelle des territoires et des actifs. Pour l’adaptation, connaître la trajectoire mondiale ne suffit pas.


La question opérationnelle reste la même : qu’est-ce que cette trajectoire change concrètement là où nous vivons, construisons et investissons ?


D’après ScenarioMIP, Van Vuuren et al., 2026 et Carbon Brief.


CMIP7 vs CMIP6 : le haut de la fourchette diminue fortement

C’est le changement le plus visible. L’écart est encore plus marqué en émissions cumulées. Entre 2024 et 2100, le scénario High représente environ 3 820 GtCO₂, contre 7 601 GtCO₂ pour SSP5-8.5. Le scénario le plus élevé de CMIP7 représente donc environ deux fois moins d’émissions cumulées que celui de CMIP6.

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GRAPHIQUE 2 : Cumulative net CO2 emissions, 2024-2100 Source : ScenarioMIP, RCMIP v5.1 et analyse Carbon Brief.

Cette évolution reflète notamment les transformations du système énergétique mondial intervenues depuis la construction de CMIP6. Le développement des renouvelables, la baisse de leur coût et les politiques climatiques déjà mises en œuvre rendent les trajectoires reposant sur une très forte croissance des énergies fossiles moins plausibles aujourd’hui.


Ce resserrement ne vient donc pas d’une révision de la physique du climat, mais d’une mise à jour des futurs jugés plausibles. Les trajectoires futures sont également mieux contraintes par l’évolution observée des émissions au cours des dernières années. Dans ce contexte, les scénarios reposant sur une croissance extrêmement importante des énergies fossiles, comme SSP5-8.5, apparaissent aujourd’hui moins plausibles qu’au moment de la construction de CMIP6.


Ce changement marque même une rupture avec plusieurs générations de scénarios climatiques. Pour le scénario le plus élevé de CMIP7, le réchauffement médian estimé en 2100 atteint environ +3,3 °C.

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GRAPHIQUE 4 - Warming in 2100 in each model generation’s highest scenario, D’après Van Vuuren et al., 2026 et l’analyse de Carbon Brief.

CMIP7 ne nous dit pas que le risque climatique diminue

C’est ici que l’interprétation devient importante. +3,3 °C est une valeur médiane, pas une limite supérieure au réchauffement. Pour le scénario High, l’intervalle estimé en 2100 s’étend d’environ +2,6 °C à +4,4 °C.


Le scénario High ne représente donc pas un réchauffement maximal possible, mais la trajectoire d’émissions la plus élevée retenue dans CMIP7 pour explorer les futurs plausibles.


Surtout, le resserrement concerne également le bas de la fourchette. Le scénario Very Low atteint environ +1,6 °C en 2100, mais après un pic proche de +1,8 °C au milieu du siècle. Même cette trajectoire implique donc désormais un dépassement temporaire de +1,5 °C.


Les émissions mondiales n’ont pas diminué aussi rapidement que dans les trajectoires les plus ambitieuses construites pour CMIP6. Entre 2024 et 2100, Very Low représente environ 310 GtCO₂ d’émissions cumulées, contre seulement 108 GtCO₂ pour SSP1-1.9.


CMIP7 resserre donc les futurs climatiques par les deux extrémités : les trajectoires extrêmement émettrices deviennent moins plausibles, mais éviter un dépassement de +1,5 °C devient également plus difficile. Autrement dit, CMIP7 actualise les deux extrémités de l’éventail à partir de la situation observée au milieu des années 2020.


Entre +1,6 °C et +3,3 °C en 2100, mais avec quelles conséquences ?

Les 7 scénarios CMIP7 conduisent aujourd’hui à des estimations médianes comprises entre environ +1,6 °C et +3,3 °C en 2100.


Le scénario Medium, qui prolonge les politiques climatiques mises en œuvre en 2025, atteint environ +2,9 °C en 2100. Il constitue une trajectoire de référence, et non une prévision du futur le plus probable. Comme les autres trajectoires CMIP7, il sert à explorer un futur possible selon un ensemble donné d’hypothèses. Son intervalle d’incertitude reste large : environ +2,2 °C à +3,9 °C.

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GRAPHIQUE 6 - Warming in 2100 in the new CMIP7 and old CMIP6 scenarios Source : FaIR v2.2, ScenarioMIP, RCMIP v5.1 et analyse Carbon Brief.

Un réchauffement mondial de +2,9 °C ne signifie pas une hausse uniforme de +2,9 °C partout. Cette valeur ne nous dit pas combien de jours au-dessus de 40 °C connaîtra une ville, comment évolueront les précipitations extrêmes sur un site industriel ou comment changeront les sécheresses, les débits ou les inondations sur un territoire.


Le scénario climatique donne donc le cadre global. Il ne permet pas encore de caractériser l’aléa climatique auquel un actif ou un territoire sera exposé. Ce n’est qu’en croisant cet aléa avec l’exposition et la vulnérabilité que l’on peut ensuite analyser le risque climatique.


C’est une distinction essentielle pour l’analyse des risques climatiques. Une trajectoire mondiale doit encore être traduite par les modèles climatiques, régionalisée, puis transformée en indicateurs adaptés aux enjeux locaux.


La trajectoire climatique définit donc un cadre global. Elle ne suffit pas, à elle seule, à caractériser l’aléa auquel un territoire ou un actif sera exposé.


Les scénarios bas reposent aussi sur un pari considérable

Les trajectoires de CMIP7, dans lesquelles la température redescend, reposent sur des retraits massifs de CO₂. Entre 2024 et 2150, le retrait cumulé atteint environ 655 GtCO₂ dans Very Low, 1 356 GtCO₂ dans Low et jusqu’à 2 358 GtCO₂ dans Low-to-Negative. Pour ce dernier scénario, cela représente environ 60 années d’émissions mondiales actuelles qu’il faudrait retirer de l’atmosphère.

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GRAPHIQUE 8 - How much CO2 the scenarios pull back out of the atmosphere Source : CMIP7 ScenarioMIP marker database, Van Vuuren et al. 2026, FLEX et analyse Carbon Brief.

Ces trajectoires ne reposent donc pas uniquement sur une baisse rapide des émissions. Elles supposent également un développement massif des capacités de retrait du CO₂, dont certaines technologies restent aujourd’hui très loin des niveaux envisagés.


CMIP7 resserre les futurs, pas la nécessité d’anticiper

La publication de ces nouvelles données apporte donc une lecture plus précise de CMIP7. Le scénario le plus élevé est nettement moins extrême que SSP5-8.5, mais les trajectoires les plus basses deviennent elles aussi plus difficiles à atteindre.


Il serait donc trompeur de résumer ces résultats par « CMIP7 prévoit moins de réchauffement que CMIP6 ». CMIP7 resserre l’éventail des futurs climatiques. Il ne supprime ni l’incertitude, ni les niveaux de réchauffement élevés, ni les risques associés.


Ces chiffres restent à ce stade des estimations issues de FaIR v2.2 ; les simulations des modèles climatiques CMIP7 sont encore attendues.


La prochaine étape sera de traduire ces trajectoires en évolutions régionales des températures, des précipitations, des vents et des extrêmes climatiques, puis en impacts concrets à l’échelle des territoires et des actifs. Car pour l’adaptation, la question essentielle reste la même : qu’est-ce que cette trajectoire change concrètement là où nous vivons, construisons et investissons ?.


Sources

ScenarioMIP – CMIP7 Scenario Explorer

Van Vuuren et al. (2026) – ScenarioMIP-CMIP7, Geoscientific Model Development

Carbon Brief – Explainer: The CMIP7 emissions scenarios and how they explore future climate change

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