3 des 5 étés où les sols ont été les plus secs en France depuis 1958 se sont produits au cours des 5 dernières années.

L’été météorologique 2026 est désormais terminé et les données permettent de dresser un premier bilan de l’état des sols à l’échelle de la France.
Cet été à marqué par des conditions anticycloniques persistantes, un déficit de précipitations d’environ 40 % et trois vagues de chaleur successives. Il a réuni des conditions particulièrement favorables à l’assèchement des sols. Météo-France qualifie désormais la sécheresse des sols observée en 2026 de sans précédent à l’échelle du pays.
Notre analyse des données SIM2 permet d’aller plus loin : sur l’ensemble de l’été, l’humidité moyenne des sols en France a été 49 % inférieure à la normale 1991-2020.
Ce déficit place 2026 au 1er rang des étés où les sols ont été les plus secs en France depuis 1958, devant plusieurs sécheresses qui ont marqué les dernières décennies, notamment celles de 1976, 2003 et 2022.
Pour comprendre cette situation, Hydroclimat a analysé les données SIM2 de Météo-France à travers l’indice d’humidité des sols SWI (Soil Wetness Index), en comparant l’intensité de l’assèchement, sa dynamique au cours de l’été et sa répartition géographique.
1976, 2003 et 2022 constituent trois années de référence lorsqu’on évoque les sécheresses en France. Pourtant, ces épisodes ne présentent ni la même dynamique ni la même empreinte géographique.
La comparaison des conditions d’humidité des sols avec la normale 1991-2020 permet de replacer l’été 2026 dans ce contexte historique.
En 1976, la sécheresse des sols apparaît particulièrement marquée sur une large moitié nord du pays. En 2003, elle concerne davantage le sud et l’est de la France, tandis que 2022 se caractérise par une sécheresse sévère touchant une grande partie du territoire.
En 2026, la sécheresse des sols s’est généralisée à l’ensemble du territoire et plus d’un tiers de la France a connu, au cours de l’été, un niveau de sécheresse des sols jusque-là inédit.
La singularité de 2026 tient aux valeurs extrêmement faibles atteintes à l’échelle nationale et particulièrement marquées du Centre-Ouest au Nord-Est. Elle réside également dans l’étendue géographique du phénomène.
La carte apporte une synthèse spatiale de la sécheresse, mais elle ne permet pas, à elle seule, de comprendre comment la situation s’est installée. L’évolution quotidienne du SWI apporte une deuxième lecture.
Dès le début du mois de juin, l’humidité moyenne des sols en 2026 se situe sous la médiane observée sur la période 1991-2020. L’écart se creuse ensuite progressivement et, dès le début du mois de juillet, Météo-France relève une situation jamais observée à cette période de l’année en moyenne sur le pays.
Début août, la sécheresse des sols atteint même un niveau inédit à l’échelle nationale, dépassant le précédent minimum enregistré en 2022. Le retour des pluies durant la seconde moitié du mois d’août permet ensuite une légère amélioration, sans toutefois ramener durablement les sols vers des conditions normales.
La comparaison avec 1976, 2003 et 2022 permet également de mettre en évidence des trajectoires différentes : alors que certaines sécheresses historiques ont connu des phases de stabilisation ou de réhumidification, 2026 se distingue par un assèchement important et persistant au cours de la saison.

Figure – Évolution du SWI moyen en France au cours de l’été 2026, comparée aux sécheresses de référence (1976, 2003 et 2022) et à la climatologie 1991-2020.
Les zones grisées représentent la variabilité historique observée sur la période 1991-2020 (P10-P90 et min-max). La courbe 2026 montre la diminution progressive de l’humidité des sols et son positionnement par rapport aux principales sécheresses de référence. Source : @Météo-France SIM2 – Analyse @Hydroclimat.
Cette lecture dynamique est importante, car une sécheresse des sols ne se caractérise pas uniquement par la valeur minimale atteinte. Sa durée, sa vitesse d’installation et sa persistance conditionnent également son intensité et ses conséquences potentielles.
Le recul historique permet de mesurer plus précisément le caractère exceptionnel de l’été.
En comparant l’humidité moyenne des sols pour chaque été depuis 1958, 2026 présente la valeur moyenne de SWI la plus faible de toute la série analysée. Il se classe ainsi devant 1976, 2022, 2003 et 2025.

Figure – Humidité moyenne des sols en France au cours des étés 1958 à 2026.
La ligne pointillée représente la normale estivale 1991-2020. Les cinq étés présentant les valeurs moyennes de SWI les plus faibles sont mis en évidence afin de replacer 2026 dans près de 70 années d’observations. Source : Météo-France SIM2 – Analyse Hydroclimat.
La comparaison avec la normale 1991-2020 permet également de mesurer l’ampleur du phénomène : sur l’ensemble de l’été 2026, l’humidité moyenne des sols en France a été environ 49 % inférieure à la normale. Mais le classement fait apparaître un autre signal particulièrement important.
Parmi les 5 étés où les sols ont été les plus secs depuis 1958, 3 se sont produits depuis 2022. 2022, 2025 et désormais 2026 concentrent ainsi, en seulement quelques années, trois des valeurs les plus faibles observées dans près de sept décennies de données.
Pris isolément, l’été 2026 constitue un événement exceptionnel. Replacé dans près de 70 années de données, il s’inscrit cependant dans une évolution plus large.
L’analyse des anomalies estivales d’humidité des sols depuis 1958 met en évidence une tendance générale à la baisse du SWI en France. La pente de Sen est estimée à -0,014 point de SWI par décennie, avec un intervalle de confiance à 95 % entièrement négatif. Le test de Mann-Kendall confirme que cette tendance décroissante est statistiquement significative (p = 0,034)

Figure – Évolution des anomalies estivales du SWI en France entre 1958 et 2026. La tendance estimée par la pente de Sen est de -0,0014 point de SWI/an [IC95 % : -0,0026 ; -0,0001]. L
Le test de Mann-Kendall confirme une tendance décroissante statistiquement significative (p = 0,034). Source : Météo-France (SIM2) – Analyse Hydroclimat. Autrement dit, malgré une forte variabilité d’un été à l’autre, l’analyse met en évidence une évolution de fond vers des sols plus secs en été en France.
La concentration des événements récents est particulièrement remarquable : 3 des 5 étés présentant les SWI moyens les plus faibles depuis 1958 se sont produits au cours des 5 dernières années : 2022, 2025 et 2026.
Les précipitations constituent évidemment une composante essentielle de la sécheresse, mais elles ne suffisent pas à décrire l’état réel des sols.
Le SWI permet d’appréhender l’humidité disponible en intégrant le fonctionnement du bilan hydrique. Sous l’effet de températures élevées et d’une forte évapotranspiration, les sols peuvent ainsi rester durablement secs malgré certains épisodes pluvieux ponctuels.
L’été 2026 constitue désormais une nouvelle référence dans la série historique française. Mais son caractère exceptionnel aujourd’hui ne signifie pas qu’il le restera dans le climat de demain.
L'été historique que la France vient de traverser n'est qu'un avant-goût de notre futur climatique. Le dernier bilan de Météo-France révèle que les anomalies extrêmes enregistrées cette saison marquées par des vagues de chaleur inédites et une sécheresse historique des sols préfigurent les conditions normales des prochaines décennies. Si les émissions mondiales se maintiennent sur la trajectoire gouvernementale d'une France à +4 °C d'ici 2100, ce qui est aujourd'hui considéré comme un été exceptionnel deviendra la norme habituelle à la fin du siècle.
C’est précisément pour cette raison qu’il est essentiel de ne plus analyser les sécheresses uniquement à partir des événements passés. Les données historiques permettent de mesurer l’évolution déjà engagée ; les projections climatiques permettent d’anticiper celle qui reste à venir. Pour les territoires, les gestionnaires de la ressource en eau, les infrastructures ou encore l’agriculture, cette lecture prospective devient indispensable pour dimensionner dès aujourd’hui les stratégies d’adaptation au climat de demain.
Source : Météo-France SIM2 – Analyse Hydroclimat. Comparaison à la climatologie 1991-2020.
Une vague de chaleur correspond à plusieurs jours durant lesquels les températures sont nettement supérieures aux normales de saison. Une canicule désigne un épisode de fortes chaleurs qui se prolonge de jour comme de nuit pendant au moins trois jours et atteint des seuils définis localement. Durant l’été 2026, la France a connu trois vagues de chaleur successives, qui ont contribué à l’assèchement exceptionnel des sols.
Lors d’une canicule, les températures élevées augmentent l’évaporation de l’eau contenue dans les sols et l’évapotranspiration de la végétation. Si ces pertes ne sont pas compensées par des précipitations suffisantes, l’humidité des sols diminue rapidement. En 2026, la succession de fortes chaleurs et le déficit de pluie ont ainsi favorisé un assèchement particulièrement marqué des sols en France.
La canicule est un épisode de températures très élevées qui dure plusieurs jours, tandis que la sécheresse correspond à un manque durable d’eau. Une sécheresse peut concerner les précipitations, l’humidité des sols ou encore les rivières et les nappes phréatiques. Les deux phénomènes peuvent se renforcer : les fortes chaleurs accélèrent notamment l’assèchement des sols.
Quelques épisodes de pluie ne suffisent pas toujours à mettre fin à une sécheresse des sols. Lorsque les températures restent élevées, une partie de l’eau peut rapidement repartir vers l’atmosphère par évaporation et évapotranspiration. L'intensité des précipitations, leur durée, l'état initial du sol et la végétation influencent également la quantité d'eau réellement disponible dans les sols.
Selon l’analyse réalisée par Hydroclimat à partir des données SIM2 de Météo-France, l’été 2026 présente l’humidité moyenne des sols la plus faible observée en France depuis le début de la série en 1958. Sur l’ensemble de l’été, elle a été environ 49 % inférieure à la normale 1991-2020. L’été 2026 se classe ainsi devant les sécheresses historiques de 1976, 2003 et 2022.
Le réchauffement climatique favorise l’intensification des sécheresses des sols en augmentant notamment l’évaporation et les besoins en eau de la végétation. En France, Météo-France observe déjà une augmentation de la fréquence et de l’intensité des sécheresses des sols. L’analyse Hydroclimat des données depuis 1958 met également en évidence une tendance significative à la baisse de l’humidité estivale des sols.

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